Membre du Haut Conseil de la Communication, payé par l’État tout en représentant la société privée, au mépris de l’article 164 de la Constitution du 30 août 2023 qui interdit toute activité lucrative aux hauts conseillers, Didier Martial Pabandji défie la République. Il a d’ailleurs le culot de saisir le tribunal administratif contre la puissance publique et s’est présenté en personne à l’audience pour défendre ses intérêts privés. Un double jeu scandaleux qui appelle non seulement le remboursement des salaires indûment perçus, mais aussi des poursuites pour parjure.
Il y a deux adages, vieux comme le monde, qui résument avec une cruelle exactitude le scandale qui se joue actuellement au cœur des institutions de la République centrafricaine. « Qui trop embrasse mal étreint » et « On ne peut servir deux maîtres à la fois. » Didier Martial Pabandji, membre du Haut Conseil de la Communication (HCC), prétend servir l’État tout en défendant, corps et âme, les intérêts d’une société commerciale privée : Antazer. Ce n’est plus un conflit d’intérêts. C’est une violation flagrante de la Constitution. C’est une trahison de son serment.
Faut-il le rappeler? L’article 164 de la Constitution du 30 août 2023 est d’une clarté aveuglante. Il dispose que les fonctions de membre du Haut Conseil de la Communication sont incompatibles avec l’exercice de toute fonction politique, administrative ou au sein d’un parti politique; toute activité lucrative ; toute fonction de représentation professionnelle ou tout emploi salarié,
à la seule exception de l’enseignement et de l’exercice de la médecine.
Cet article ne laisse aucune d’ambiguïté ni de zone grise. Un Haut Conseiller ne peut pas exercer une activité lucrative, ni représenter une entreprise privée. Or Didier Martial Pabandji, élu en avril 2024 comme représentant de la presse privée, est payé par l’État centrafricain pour siéger dans une institution censée garantir l’indépendance et la régulation des médias. Et dans le même temps, il représente la société Antazer. Pire : il a le culot de saisir le tribunal administratif contre une décision de l’État défavorable à cette entreprise, et le toupet d’aller personnellement à l’audience pour la défendre.
On est au-delà du conflit d’intérêts. On est dans le mépris ouvert de la loi fondamentale. L’homme qui a prêté serment, qui savait parfaitement les incompatibilités attachées à sa charge, a choisi de servir un intérêt privé contre l’État qui le rémunère. C’est scandaleux. C’est indigne. C’est un affront à l’institution et au peuple centrafricain.
L’État a non seulement le droit, mais le devoir de réagir. Il doit réclamer le remboursement de tous les salaires et avantages perçus par Didier Martial Pabandji depuis le moment où il a accepté de représenter Antazer. Il doit également envisager des poursuites pour parjure. Car prêter serment tout en sachant que l’on va enfreindre les règles constitutionnelles n’est pas une simple négligence. C’est un mensonge solennel.
Le Haut Conseil de la Communication n’est pas un club d’amis ni un tremplin pour affaires privées. C’est une institution de la République, indépendante de tout pouvoir politique, de tout parti, de toute association ou groupe de pression. Quand l’un de ses membres se transforme en avocat d’une société commerciale contre l’État, il ne compromet pas seulement sa propre intégrité. Il salit l’institution tout entière et affaiblit la confiance des citoyens dans les garde-fous de la démocratie.
Didier Martial Pabandji a choisi. Il a embrassé trop large. Il a servi deux maîtres. À présent, que la République fasse son devoir : qu’elle le rappelle à l’ordre, qu’elle récupère l’argent du contribuable, et qu’elle fasse respecter, enfin, la Constitution.